L'âme nageuse : Au fil des années, au fil de l'eau...

18/10/2020

Devenir nageuse a été, pour ma part, une réelle évidence. Mais pour me comprendre il va vous falloir plonger dans le bassin de mon passé. Bassin dans lequel je me mets totalement à nue, enfin disons plutôt en maillot de bain, pour vous dévoiler les raisons de ce qui fait ce que je suis aujourd'hui.

Originaire de la région de Saint-Paul-en-Cornillon (42), j'ai été portée et bercée par l'eau depuis l'âge de mes trois ans. La Loire, rivière sauvage, m'a permise de maîtriser très rapidement la nage mais dans un décor naturel. Malgré tout, je me suis inscrite dans des clubs de natation sportive : MONTBRISON NATATION, SRN (Saint-Raphaël Natation), CLUB DES DAUPHINS DE FIRMINY, SAINT-ETIENNE NATATION et TEAM AB EAU LIBRE à Lyon (dernier en date). Mais cette relation unique avec la nature me procure de telles émotions que je la recherche et la partage dans tous les sports que je pratique : surf, wakeboard, jet à bras, équitation. Plus particulièrement adepte des sports aquatiques, c'est à mon père que je le dois car ses passions sont devenues les miennes !

Du haut de mes vingt ans, j'ai suivi un parcours d'orientation tout à fait banal. Par là, je veux dire suivre des études afin d'obtenir un diplôme et avoir une situation convenable. Rien de plus commun puisque c'est l'objectif de tous. Après l'obtention du BAC Pro Gestion Administration, j'ai souhaité rentrer dans le monde du travail. J'ai donc occupé un poste en tant que comptable,  en pensant que j'allais m'épanouir dans ce domaine.

Mais la vie en a décidé autrement puisque durant cette même année, j'ai été confrontée à des problèmes d'ordre familial. C'est sûrement l'élément déclencheur, qui a fait que ma vie a pris un tout autre tournant. Mon grand-père a fait un Accident Vasculaire Cérébral (AVC) qui m'a littéralement affectée. Cet événement tragique m'a permis de prendre conscience que ma place n'était pas dans un bureau mais plutôt dans des structures d'aide aux personnes. Cet accident a été un réel électrochoc pour moi ; j'ai compris qu'il fallait réaliser chacun de ses rêves avant qu'il ne soit trop tard ! 

J'ai de suite décidé de partir un mois sur l'île de la Réunion, seule, sans rien réserver en partant avec cette citation en tête : 

« S'envoler avec la folie d'une vie, des projets complètement inconscients, rien calculer, tout faire par instinct, dépasser ses propres limites ! Place au bonheur, à l'épanouissement et à l'abondance. » Océane FRAPPA.

Sur cette île, réputée pour son intérieur volcanique recouvert de forêt tropicale, ses récifs de corail et ses plages. J'ai fais de nombreuses rencontres insolites, j'ai connu l'adrénaline, l'inconscience et le danger de nager avec les requins chaque matin au crépuscule. C'est lors de ma première session au milieu des coraux, des poissons-clowns et des tortues marines, que j'ai réalisé que mon sport était en réalité ma passion.Je me croyais dans le monde de Némo. Ce n'était plus la natation sportive en bassin que j'avais l'habitude de faire mais de la natation en eau libre. Elle me fait désormais vibrer. Ce fut une réelle révélation en plein milieu de l'océan indien à braver de magnifiques requins blancs.

En effectuant chaque matin une session en variant entre deux et quatre kilomètres de nage, en jonglant entre les barrières de corail, j'ai pu observer bien évidemment des requins, mais également des dauphins ainsi que jouer avec l'un d'entre eux !

J'ai appris à me connaître dans ce voyage, à comprendre que j'étais née pour réaliser mes rêves et non pour subir une vie qui n'était pas la mienne. Ce que j'aime avant tout c'est le danger. Lorsque je prend des risques, je me sens vivante. J'ai adoré me surpasser, tester mes limites, que j'ai trouvé lorsque j'étais au milieu de la jungle, avec un ami rencontré sur place. En poursuivant une rivière, en nageant, rigolant, délirant, s'éclatant, nous sommes tombés nez à nez avec une cascade qui mesurait plus d'une vingtaine de mètres, emportée par un fort courant !  

Nous avons dû nous rattraper à des lianes traînant au bord de la rivière, nous avions les pieds au bord du ravin. Mais nous en sommes sortis indemnes, sans même une égratignure ! Nous étions heureux, heureux d'être en vie, vivants ! Nos vies désormais liées que ce soit pour le meilleur comme pour le pire.

À mon retour, après tant d'émotions, j'étais motivée plus que jamais à réaliser mes rêves, me sentir vivante, et faire partager ma joie de vivre autour de moi. J'ai décidé d'écrire enfin ma vie professionnelle comme j'ai envie de la vivre ! Car même si entreprendre des études est une étape importante de la vie et qui fait que nous sommes ce que l'on est, il est d'autant plus important d'intégrer l'école de la vie : apprendre en progressant, en échouant ainsi qu'en doutant... J'ai donc quitté mon poste de comptable pour être auxiliaire de vie à temps partiel. Alors depuis neuf mois, et malgré les conditions difficiles que le métier comprend, j'ai enfin le sentiment de contribuer à quelque chose de positif, qui est d'aider mon prochain. 

Le déclic qui m'a probablement le plus bouleversé c'est l'assassinat de ma tante, la sœur jumelle de ma mère qui se prénomme Sylvie et qui est aussi mon deuxième prénom.J'ai toujours su, depuis mon plus jeune âge, qu'on m'avait donné la vie pour que je puisse vivre car elle n'a pas eu cette chance. Je considère que je suis dans ce monde pour réaliser les rêves qu'elle n'a jamais pu réaliser elle même et de vivre sa vie pour elle . Elle est ma raison de là-haut, la seule personne à me connaître à la perfection. Elle est mon guide de la vie, mes réussites lui sont dûes. Et à chaque fois que je me dépasse autant physiquement que psychologiquement, elle est là, derrière moi à me soutenir, à me donner la force dont j'ai besoin afin de réussir.

Son assassinat a particulièrement perturbé ma jeunesse, sous forme de cauchemars, mes nuits étaient désastreuses. A mon réveil, je ne me rappelais pas exactement de ces cauchemars, les seuls signes encore visibles étaient un lit transformé en véritable champ de guerre, et mon corps tout collant de transpiration. Quelques années plus tard, ces cauchemars étaient toujours aussi présents, mais à la seule différence, les matins, en me réveillant, je me rappelais vaguement de ces cauchemars lointains. Je me réveillais, angoissée, avec l'idée en tête que quelqu'un me courrait après et qui sorti un fusil de chasse de derrière lui, puis me tira dessus, je m'écroula alors au sol... C'est à ce moment-là que je me réveille aux alentours de quatre heures du matin en sursaut dans un bain de transpiration.

Dans un second point, on m'avait menti dans ma jeunesse. Ma tante, la sœur jumelle de ma mère était décédée. Jeune, ma maman m'avait expliqué que sa sœur avait eu un accident de la route seule, et qu'elle était morte sur le coup. J'ai souvent essayé d'en savoir davantage dès mon plus jeune âge, mais c'était trop douloureux pour mes proches, alors tout le monde restait dans un profond silence.

Un jour, avec ma famille, on pris la route en direction d'un zoo pour le découvrir tous ensemble . On passait par un village, malade en voiture, on s'arrêta sur le bas-côté. Malade à crever, on continua la route, puis les nausées passèrent petit à petit. Curieux comme réaction. Serait-il passer quelques choses à cette endroit précis dans le passé. Faut-il faire un lien entre ces maux de ventre apparus pile poil dans cette ville et les cauchemars qui effraient toutes mes nuits depuis mon enfance.

Fatiguée par mes cauchemars, je ne cherchais plus à quoi ils étaient dûs. Je décida de tirer un trait sur ces absurdités, mais pour ça il fallait que je me fasse aider. A dix-huit ans il était temps de prendre en main ma vie mais surtout mes nuits. J'ai commencé par prendre des médicaments à base de plantes afin d'apaiser mes nuits. Le traitement marchait plutôt bien, mais j'avais toujours ce mal-être qui me hantait chaque jour.

Titulaire du permis de conduire depuis le début de l'année deux mille dix sept, j'aimais partir en vadrouille avec ma voiture un peu partout en France. Puis un jour, j'ai décidé de partir toute la journée. J'ai commencé mon début de journée en direction du Nord puis j'ai pris la sortie du village prénommé ci-dessus sans vraiment me poser de questions. J'ai pris cette route machinalement. A un moment donné, j'ai tourné sur une petit route de campagne, j'ai pris une grosse crise d'angoisse, ça me serrait très fort au niveau du cœur et des poumons. Sans vigilance, je fais un demi-tour avant d'arriver au fond du chemin, puis je suis partie furtivement à toute vitesse. J'ai rejoins le plus vite possible la ville voisine. Puis j'ai filé directement au cimetière rendre visite à ma tatie, j'ai fais cette action machinalement sans aucune réflexion de ma part mais quand on y pense, je trouvais cette réflexion bizarre.

D'après certaines personnes , on me compare souvent à ma tatie, apparemment je lui ressemble énormément. Je finis par apprendre par des inconnus, complètement étrangères  à ma famille que ma tante avait été assassinée par son ex-compagnon à la sortie d'une fête de campagne. Ce jour-là, elle s'était rendue à la fête avec son nouveau copain, jalousé par son ex-compagnon, il s'en prend violemment à son nouveau copain avec qui, elle se sentait incroyablement bien, beaucoup mieux qu'avec son premier amour. Le nez en sang, elle l'emmena chez le médecin le plus proche. Pendant ce temps, le tueur est retourné chercher son fusil de chasse, a suivi Sylvie sur la route où elle regagnait le logement de son frère, pour abattre son compagnon, son acte était prémédité. Il double la voiture dont Sylvie avait pris le volant de cette Ford Civic qui appartenait à son compagnon qui dormait sur le siège arrière après avoir ingurgité un calmant. Il tira sur le conducteur, l'amour de sa vie, la balle traversa sa boîte crânienne, la voiture s'est posée au bord de la route doucement. Elle a quitté ce monde sur le coup sans un mot ni une parole réconfortante. Le tueur rentra paisiblement chez lui, prend une douche, puis appela la gendarmerie pour se dénoncer de son crime.

Désormais vous comprendrez peut être un peu plus facilement ce qui me pousse chaque jour à me lever au aurore, à faire des projets que vous considérez comme complètement fous et irraisonnés. Mais que demander de mieux que d'être heureux et comblé chaque soir en rentrant chez soi ?

Afin d'être moi-même chaque jour qui passe, je respecte quatre règles simples :

★ Ne fais pas de suppositions! Ça arrivera quand ça devra arriver si cela doit arriver.

★ Considère chaque moment comme un moment unique! Chaque moment sera vécu à 100 %.

★ Une parole honorable sera donnée, la voie de la sagesse sera prise.

★ Ne pense pas, agis !

C'est lorsqu'on perd des proches qu'on réalise que la vie tient qu'à un fil, se donner de nombreux challenges, soulever de hautes montagnes, escalader des murs de pierres, se jeter dans le vide, sauter de toit en toit ! Le risque est un ultimatum que je me pose chaque jour, pour me sentir vivante et aimer la vie.